derniers nés de l'atelier

Publié le par boulegue

La roue tourne,

Dans les mains de son créateur, le blé se moud, les vaches vont paître,

La ville va naître.

La roue tourne,

Les chevaux guerriers tirant le char l’entrainent vers la conquête,

La ville va en tête.

La roue tourne,

Le carrosse lourd, richement orné se pavane dans les rues étroites,

La ville va croître.

La roue tourne,

La charrette des condamnés amène les seigneurs vers le couperet,

La ville va chanter.      

La roue tourne,

La carriole du rémouleur avance avec peine sur les pavés descellés,

La ville va Pleurer

La roue tourne,

Le fiacre de l’architecte se glisse entre les taudis des délaissés,

La ville va muer.

La roue tourne,

Le fourgon des brigades contre les barricades vont s’engager,

La ville va hurler.

La roue tourne,

Les derniers blindés roulent sur les murs et les cadavres des martyrs,

La ville va mourir.

La roue tourne,

Elle vient se placer contre un trou, dans le mur d’un abri de fortune,

La ville va vers sa rancune.

 

Le temps. Le temps est suspendu parfois dans un seul acte, une action qui par une impulsion, mue elle même par une étincelle de pensée, ou un reflexe acquis depuis des millénaires ne peut prendre qu’une seconde, mais qui pour certains êtres, dans un certain instant fatidique peuvent paraître durer une éternité.

Projetons nous dans un lieu quelconque, tiens voilà, là sur la carte, pointons un doigt grossier et mal lavé sur une bourgade médiocre et sans intérêt. Zoomons à présent sur une ferme isolée aux alentours du village, et infiltrons nous dans la cuisine, ou un meurtre dans une seconde va être commis. La cuisine est mal entretenue, la crasse déposée depuis des générations sur ces murs atteste d’existences frustres et mal définies, voire pourquoi pas consanguines, tant nous aimons nous rouler avidement dans le cliché le plus commun. Le geste meurtrier est suspendu dans un acte lourd d’horreur et de conséquences. Le bras est velu, musclé et donc en toute logique dénudé à l’orée de la manche de la chemise à carreaux roulée en un tas chiffonesque. Au bout de ce bras, l’arme du crime tenue dans une main aussi fermée que crevassée, commence une phase descendante vers la victime innocente et inconsciente du fait que le fléau de la faucheuse, va trancher le fil tenu de sa misérable et courte existence. Dehors, la nature se tait, soit complice, soit spectatrice, elle sait que pour une de ses créations, le dernier grain de sable est en train de dévaler les parois du sablier. Le canard sors la tête de l’eau, avec un embryon de pensée sur la fatalité en général et sur le prochain repas en particulier. Le coq dresse la crête…. Si si, d’habitude non, mais lui il peut. C’est comme ça, allez savoir, hein…

Le chien enchaîné à la niche branlante ouvre un œil indolent. Le vent tombe, les branches du chêne s’affaissent. Un souffle invisible se retient. Là, maintenant c’est l’instant du drame. Dans la cuisine, avec une souplesse liée à la vitesse et à son quotient de résistance à l’air, l’arme du crime est à 3 cm de sa victime. Elle vient à peine de ressentir un soupçon d’impression de risque en voyant une ombre s’allonger au dessus d’elle, elle veut fuir, se prépare à sauter de la table, elle sent qu’une fuite verticale la rapprocherais trop vite de la tentative de son meurtrier, aussi tente t’elle une fuite horizontale en visant le bord de la table. Hélas, la tache de sauce qui avait attisé sa convoitise, en devient sa perte, en se figeant elle est devenu un piège gluant et mortel qui l’a retient le dixième de seconde nécessaire à sauver sa vie. La pendule du salon s’apprête à sonner les onze coups de fin de matinée, déjà un rouage pivote et le balancier frémit, le présentateur flou dans l’écran de télé noir et blanc commence à lever la tête.

Et là, dans un claquement de fin du monde l’immense grille en plastique collée au bout du manche flexible, lui-même tenu par cette main cruelle et mal lavée vient éclater tout espoir de futur chez le pauvre drosophile téméraire. La tapette en prenant contact durement avec la surface linolée de la table vient de faire une bouillie d’insecte confondant dans d’ignobles humeurs pattes poilues et ailes diaphanes. Encore une victoire immonde de la supériorité humaine sur la faiblesse de pauvres créatures faibles et dérangeantes
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M
je taime bien trop cool ton blog
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